| mise à jour le 30.04.08 à 23:37 | contact | accueil |
| Coluche | ![]() |
![]() |
![]() |
Coluche, de son vrai nom Michel Gérard Joseph Colucci, était un humoriste et comédien français, qui a su donner un ton nouveau et impertinent en s’attaquant très vite à la société contemporaine. Il est né dans le XIVe arrondissement à Paris, le 28 octobre 1944. Il meurt le 19 juin 1986, percutant à moto un camion sur une route des environs de Grasse qui le ramenait de Cannes à Opio.
Sa mère, Simone Bouyer (dite Monette), est employée chez Baumann, un fleuriste du boulevard du Montparnasse et son père, Honorio Colucci, originaire de la région de Naples en Italie, est peintre en bâtiment. Ce dernier décède en 1947 à 37 ans d'une poliomyélite et son épouse doit élever seule ses deux enfants avec un maigre salaire. Monette, Michel et Danièle, qui a un an et demi de plus que son frère, vivent à trois dans une pièce et une cuisine. Sa mère malade les emmène pendant ses traitements à Berck.
Jeune, Michel traîne à Montrouge, dans la banlieue sud de Paris, où avec ses copains, il prend goût à la musique. Les études ne le passionnent pas et ne le mènent guère plus loin que le Certificat d'études primaires qu'il obtient en juin 1958. S'en suivent alors de nombreux petits boulots, qu'il n'arrive pas à garder bien longtemps.
En 1964 il est incorporé dans le 60e régiment d'infanterie de Lons-le-Saunier, où il fait de la prison pour insubordination. De retour à la vie civile, il travaille comme fleuriste avec sa mère dans la boutique qu'elle vient de créer dans le quartier de la Gare de Lyon. Mais il trouve ce travail peu intéressant et le quitte, ce qui lui vaut de se brouiller avec sa mère.
Il décide ensuite de se lancer dans la musique et interprète des chansons de Boris Vian, Georges Brassens ou encore Yves Montand, mais il n'est pas très doué et se « recycle » dans l'humour pour rire de tout, car selon lui « Pleurer de tout, c'est crevant ». Il rencontre à cette époque un trio de musiciens fidèles, Xavier Thibault, Jacques Delaporte et Jean-Claude Dagostini, dit Le Bœuf, qui l'accompagneront sur scène et lui apprendront les instruments.
Tout en étant plongeur, il se produit sur la scène d'un cabaret Chez Bernadette, dans le quartier de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris. Il y fait la connaissance de Georges Moustaki, qui l'héberge et le soutient financièrement. Il travaille ensuite au cabaret La Méthode, rue Descartes, toujours à Paris, en tant que barman et régisseur. C'est dans cet endroit qu'il rencontre Romain Bouteille, qu'il présentera toute sa vie comme son modèle.
Avec Romain Bouteille, il est présent à l'origine du Café de la Gare, inauguré officiellement le 12 juin 1969, qui réunit une bande de jeunes comédiens dont beaucoup deviendront célèbres, tels que Patrick Dewaere, Henri Guybet, Miou-Miou, Gérard Depardieu, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Gérard Jugnot.
Son premier sketch, C'est l'histoire d'un mec, tourne en dérision la difficulté de raconter une histoire drôle. Ses sketches suivants lui valent rapidement un succès populaire qui ne se démentira plus : « Il inventait pour les années 1970 une image de pauvre urbain, bonne pâte mais court d'idées, empêtré dans les mots, raciste faute de mieux, ballotté par la publicité et les jeux radiophoniques ». Il revendique sa grossièreté : « Toujours grossier, jamais vulgaire ».
![]() |
![]() |
Suite à ses problèmes d'alcool, qui le rendent exécrable voire violent, il se voit obligé de quitter la troupe en 1970.
En octobre 1971, Jacques Martin le recommande à Georges Folgoas, producteur de Midi magazine pour faire équipe avec Danièle Gilbert. L'expérience ne durera que cinq jours.
En novembre 1971, il fonde une autre troupe, Au vrai chic parisien - Théâtre vulgaire, puis Le vrai chic parisien. Le premier spectacle s'intitule Thérèse est triste, avec une affiche réalisée par Jean-Marc Reiser.
C'est là qu'il rencontre sa femme, Véronique Kantor, étudiante de bonne famille qui se destine au journalisme. Il l'épouse le 16 octobre 1975. Ils auront deux garçons, Romain en 1972 et Marius en 1976.
Toujours à cause de son comportement, il quitte sa troupe une nouvelle fois et se lance dans une carrière solo.
Au printemps 1974, Paul Lederman lui offre le Théâtre La Bruyère pour y prolonger Thérèse est triste, mais c'est un fiasco. Il devient son propre impresario, Claude Martinez devenant son associé.
Du 15 février au 2 mars 1974, il se produit à L'Olympia dans le spectacle Mes adieux au music-hall. C'est dans ce spectacle qu'apparaissent sa célèbre salopette à rayures bleues et son tee-shirt jaune. Il y met en scène ses personnages favoris, des beaufs grossiers, incapables de s'exprimer correctement, haineux. Le 10 mars 1974, il signe le contrat d'un premier disque : le 30 cm des Adieux.
Coluche apparait pour la première fois à la télévision le 19 mai 1974, lorsque Guy Lux diffuse L'histoire d'un mec juste avant l'allocution du perdant de l'élection présidentielle, François Mitterrand, qui était en retard.
En 1975, il est en tournée à travers la France, lorsque toutes les radio diffusent son pastiche du jeu télévisé de Guy Lux, le Schmilblick. Dans ce sketch apparaît un personnage célèbre de l'humoriste : Papy Mougeot.
En 1976, il remonte Ginette Lacaze à l'Élysée Montmartre avec les comédiens du Splendid, auxquels il a offert des mobylettes pour leurs déplacements.
Du 24 avril 1978 au 24 juin 1979, il co-anime avec Robert Willar et Gérard Lanvin l'émission On n'est pas là pour se faire engueuler sur Europe 1, mais son ton provocateur le fait renvoyer. Il triomphe dans le même temps tous les soirs au Gymnase.
Passé à RMC en janvier 1980, il se fait également renvoyer après seulement douze jours d'antenne.
![]() |
![]() |
En plus de sa carrière de comique au théâtre, il joue à cette époque dans plusieurs comédies au cinéma, dont L'Aile ou la cuisse en 1976.
Le 30 octobre 1980, il organise une conférence de presse où il annonce son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 1981. Certains y voient une blague, pourtant un sondage le crédite de 16% d'intentions de vote. C'est la panique chez certains hommes politiques : les coups bas et menaces anonymes fusent ; suite à cela, il annonce qu'il se retire en avril 1981.
En 1981, il anime une émission sur la radio RFM de Patrick Meyer récemment créée.
Il divorce en décembre 1981 et sombre dans la dépression, l'alcool et la drogue.
La consécration en tant qu'acteur vient avec le film Tchao Pantin (1983) de Claude Berri où il joue le rôle dramatique d'un pompiste meurtri, pas si différent de lui. Il obtient le César du meilleur acteur en 1984.
Plus qu'un homme qui veut faire rire, Coluche veut être un agitateur d’idées. Le 15 juin 1985, il anime avec Guy Bedos le concert de SOS Racisme place de la Concorde. De même, il organise le 25 septembre 1985 un gigantesque canular gratuit : les télévisions et la France entière peuvent assister au mariage de Coluche et de Thierry Le Luron, « pour le meilleur et pour le rire ». Une provocation avant-gardiste autour du mariage homosexuel et une parodie du très médiatisé mariage d'Yves Mourousi.
Du 8 juillet 1985 jusqu'en mars 1986, il anime l'émission Y’en aura pour tout le monde sur Europe 1 ainsi que Coluche 1 faux sur Canal+.
Le 26 septembre 1985 il lance l'idée des Restos du Cœur sur Europe 1, en déclarant : « J'ai une petite idée comme ça, si des fois y'a des marques qui m'entendent, je ferai un peu de pub tous les jours. Si y'a des gens qui sont intéressés pour "sponsorer" [sic] une cantine gratuite qu'on pourrait commencer par faire à Paris ».
Passionné de sports mécaniques, il s'est engagé sur le Paris-Dakar. Il a aussi tenté et obtenu le record du monde de vitesse du kilomètre lancé sur piste à moto, le 29 septembre 1985, atteignant 252,087 km/h sur le circuit de Nardo au guidon de la Yamaha 750 OW 31.
Il meurt le 19 juin 1986 à l'âge de 41 ans. Pour préparer son spectacle, il s'était établi sur la Côte d'Azur, à côté d'Opio (Alpes Maritimes). Rentré de Cannes à moto avec deux amis, il percute un camion effectuant une manœuvre délicate sur une route sinueuse. Les circonstances entourant cet accident entraîneront plusieurs rumeurs et même la thèse d'un assassinat (un ouvrage publié en 2006 permettra d'aborder les conditions étranges dans lesquelles l'enquête policière s'est déroulée en 1986 : "Coluche, l'accident" de Jean Depusse et Antoine Casubolo).
Il est enterré au cimetière de Montrouge, dans le 14e arrondissement parisien, près de la porte d'Orléans.
Tour à tour admiré, craint, dénigré, Coluche s'est posé comme le provocateur des années 1980, osant la grossièreté, et chacune de ses apparitions télévisées était attendue avec grand plaisir. Il a su donner un nouveau visage à la télévision : plus de décontraction, les mots grossiers y étaient devenus chose courante. Son humour, ses mots et sa générosité lui survivent et font de lui encore un personnage actuel.
Connu comme comique, il est également le fondateur des Restos du Cœur. Issu d'un milieu défavorisé (« Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre »), il a pris conscience de grosses défaillances dans l'entraide française envers les plus démunis. Et cette association est là pour en pallier les manques. Elle qui ne devait durer qu'un temps, est malheureusement dans l'obligation d'être toujours active. Il est également à l'origine d'une loi (dite « Loi Coluche »), votée en 1988, qui permet à un donateur de déduire une partie de son don de ses impôts.
Sa célèbre salopette lui avait été donnée par le mouvement Emmaüs. Devenu célèbre, il renvoya l'ascenseur en remettant un chèque d'un montant élevé à l’Abbé Pierre pour ce mouvement. Les deux hommes, pour utiliser une formule de Jacques Brel, « n'étaient pas du même bord, mais cherchaient le même port ».
![]() |
![]() |
| Sources : Wikipedia | ![]() |