mise à jour le 30.04.08 à 23:37 contact accueil

Elvis Presley

Elvis Aaron Presley, surnommé « The King », (8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi - 16 août 1977 à Memphis, Tennessee) était un chanteur et un acteur américain. Son influence sur la culture musicale est mondiale.

De son vivant, Elvis a vendu 700 millions de disques, a joué dans 31 films, donné 1 054 concerts aux États-Unis et trois au Canada, donné 525 spectacles à Las Vegas. Il a été le premier chanteur à donner un concert en mondiovision en 1973, concert regardé simultanément par un milliard de téléspectateurs dans 43 pays. Il est apparu dans sept émissions de télévision. À sa mort, sa fortune personnelle représentait 100 millions USD.

De sa mort en 1977 à 1980, il s'est vendu 400 millions de disques d'Elvis. En 2006, il s'est vendu près de deux milliards de disques (CD compris) d'Elvis en tout, ce qui est un record absolu. Pendant ces quatre années consécutives, il a été l'artiste décédé qui a rapporté le plus d'argent.

Le tout premier concert virtuel qui lui est consacré a tourné pendant six ans dans le monde entier.

Né dans une famille pauvre de Tupelo dans le Mississippi, Elvis Aaron Presley est le fils unique de Gladys Love Smith et de Vernon Elvis Presley. Il a un frère jumeau mort-né, Jesse Garon Presley. Il grandit à Tupelo jusqu'à l'âge de treize ans. Ses parents, sans travail et en grande difficulté financière, déménagent à Memphis, grande ville dans le Tennessee. Vivant dans un deux-pièces social, Gladys fait des ménages et travaille la nuit dans un hôpital, Vernon travaille ça et là. Très vite, Elvis travaille également : il tond des pelouses, lave des voitures et vend des cornets de glaces en dehors de l'école. Après l'école secondaire, il trouve très vite un travail dans une société d'outillage, mais rêvant de conduire un camion, il trouve finalement un emploi à la Crown Electric Compagny comme chauffeur-livreur, un travail qui lui convient.

Amateur de musique noire, ainsi que de gospel et de blues, Elvis décide de s'essayer à cette musique et, pendant l'été 1953, pousse la porte d'un petit studio d'enregistrement spécialisé dans la musique noire, le Studio Sun Records à Memphis. Reçu par la secrétaire Marion Keisker, il enregistre à ses frais deux enregistrements, My Happiness et That's When Your Heartaches Begin et repart avec le disque sous le bras pour les offrir à sa mère, sa seule motivation pour cet enregistrement. Keisker, qui sait que son patron Sam Phillips est à la recherche de jeunes chanteurs, note le numéro de téléphone du jeune Elvis. Bien qu'elle lui trouve un style bizarre, elle lui reconnaît une certaine belle voix. Elle note sur sa fiche « EP : voix à écouter, bon chanteur de ballade ».

Lorsqu'elle en parle à Phillips, celui-ci recontacte Elvis pour un essai. Le téléphone à peine raccroché, Elvis est dans le studio devant Phillips. Après plusieurs essais peu concluants, Sam Phillips est néanmoins impressionné par la grande mémoire du jeune homme « à la queue de canard », il dira plus tard à ce sujet « C'était incroyable, Elvis connaissait par cœur toutes les chansons dont je lui parlais. Si sa voix n'était pas souvent juste, par contre je dois dire qu'elle avait un rythme assez particulier. Hélas, je n'avais pas le temps de lui apprendre à placer sa voix, mais Elvis était tenace et je lui permettais de revenir le lendemain. »

Ce lendemain-là, Phillips avait demandé à un groupe musical d'être présent afin de soutenir Elvis musicalement, Scotty Moore à la guitare et Bill Black à la contrebasse. Mais, une fois encore, rien ne de convenable ne sortait et Phillips s'apprêtait à fermer le studio quand, très déçu, Elvis commence à entamer les premières notes d'une ancienne chanson, That's All Right Mama. Voici le commentaire de Phillips :

« Ce que venait de faire Elvis avec That's All Right me donna immédiatement la chair de poule. Je savais qu'on tenait quelque chose. Ce n'était pas la chanson à proprement parler, mais ce qu'en faisait Elvis, la chanson était à l'origine un blues, Elvis l'a transformée en rock and roll. Je peux vous dire que pour moi c'était un choc. Je décidais qu'il devait l'enregistrer. Ce fut son premier vrai succès à Memphis. »

Elvis enregistre cinq 45 tours pour Sun Records et Phillips l'envoie en tournée dans le sud des États-Unis. Les débuts sur scène du futur « King » du rock and roll sont assez maladroits, mais certainement pas timides. Les coups brusques de bassin du jeune homme, une innovation provocante pour l'époque, lui valent le surnom de « Pelvis » et amplifient sa notoriété.

Si les jeunes reconnaissent immédiatement en Elvis un des leurs, il n'en va pas de même pour leurs parents qui, scandalisés devant les déhanchements de plus en plus suggestifs d'Elvis, cherchent à le faire interdire. En conséquence, certains de ses concerts seront purement et simplement annulés et ses disques brûlés en public. Elvis ne laisse personne indifférent : s'il agace l'Américain puritain, il devient une idole pour des millions de jeunes adolescents. En Floride, alors que la jeune vedette s'apprête à monter sur scène devant 22 000 admirateurs en délire, on le prévient que la police est présente dans la salle pour filmer ses fameux déhanchements. Elvis décide alors de ne bouger que son petit doigt pendant toute la durée du concert, et l'hystérie est à son comble. Le dernier de ses cinq 45 tours, I Forgot to Remember to Forget, accompagné de Mystery Train, atteint la première place au classement des ventes de « singles ».

À cette époque, Elvis ne cesse de se produire dans le sud et le sud-ouest. Il est notamment présent à 50 reprises à l'émission régionale Louisiana Hayride. Le fondateur et producteur d’Hayride, Horace Logan, a en effet la bonne idée de faire signer Elvis pour une apparition hebdomadaire, alors que celui-ci est encore peu connu. Lors de la dernière participation d'Elvis à cette émission, Logan annonce qu'Elvis a quitté le bâtiment afin de calmer les adolescentes qui essaient d'apercevoir la vedette après l'émission. Il ne sait pas que cette phrase va devenir un rituel célèbre à la fin de chaque concert : « Elvis has left the building. »

Elvis, qui est alors célèbre dans le sud et sud-ouest des États-Unis, rencontre à la fin d'un concert un homme qui est vaguement impresario, mais plus connu en tant qu'abboyeur de cirque. Thomas Andrew Parker, dit « le colonel », est un homme à qui rien ne fait peur. Il fut un temps impresario du jeune chanteur Eddy Arnold, mais c'est avec Elvis qu'il va se hisser au sommet de sa profession dans le « show business ». Il signe en 1955 un contrat d'exclusivité avec Elvis sur vingt ans, avec à la clé 15 % de tous les revenus de Presley. (Dans les années 1970, ce pourcentage est porté à 50 %). Le « colonel » impressionne Elvis, c'est un homme autoritaire et à qui rien n'échappe. N'a-t-il pas dit à Elvis pour l'approcher : « Jeune homme, pour l'instant vous valez un million de dollars, bientôt vous les aurez comptant » ? Ce sont ces phrases qui impressionnent le jeune Elvis qui rêve de réussite et de dollars tout autant que Parker lui-même.

Leur collaboration, qui durera jusqu'à la mort d'Elvis, va devenir l'une des plus fructueuse que connaîtra le « show business », mais également la plus mystérieuse. Parker dicte, Presley obéit. Lorsque le contrat entre en vigueur, Parker offre trois cadeaux à Presley. Le premier est un contrat avec la plus puissante maison de disque au monde, la RCA. C'est elle qui va miser sur Elvis et lui avancer les millions de dollars nécessaires à un essort planétaire. Le deuxième est un premier disque d'or avec Heartbreak Hotel ; Elvis a tout juste vingt ans. Le troisième et dernier cadeau au jeune chanteur est son arrivée sur le petit écran de millions de téléspectateurs. Ce soir-là, l'émission atteint une audience record de plus de cinquante millions de téléspectateurs, ce qui représente plus de 80 % de part d'audience. Lors de sa deuxième apparition au Ed Sullivan Show (le 28 octobre de la même année), il se teint les cheveux en noir, alors qu'ils étaient jusque-là châtain clair. Le « King du rock and roll » vient de naître.

Si ces apparitions télévisées enchantent les jeunes, les adultes, eux, réprimandent et condamnent la tenue du « King ». Ses déhanchements lascifs et/ou brusques choquent l'Amérique, les moralistes et bien-pensants veulent faire interdire Elvis à la télévision. En conséquence, si Elvis ne sera jamais interdit d'antenne, par contre les réalisateurs ont ordre de ne filmer la star qu'au-dessus de la ceinture. C'est ainsi qu'Elvis interpréte ses plus grands succès de la fin des années 1950 : Heartbreak Hotel, Thats' All Right Mama, Baby Let's Play House, Shake Rattle & Roll, et le très suggestif Hound Dog (c'est-à-dire « chien de chasse »).

Parallèlement à la télévision, Elvis poursuit ses tournées de concerts qui deviennent très vite une sorte de kermesse, une foire dangereusement incontrôlable. La vedette se produit devant des foules immenses, arrivant en Cadillac rose et surprotégé par une nuée de policiers, l'Amérique veut voir et toucher ce jeune chanteur devenu en moins d'un an une idole pour ses enfants. L'année 1956 se termine en beauté, Elvis décroche son 48e disques d'or de l'année, il fait l'objet d'une véritable vénération hystérique et déclare au fisc pas moins de 22 millions USD en revenus. C'est à cet époque qu'il aurait fait la rencontre de Marilyn Monroe, selon les dires de Byron Raphael, des responsables de la William Morris Agency voulaient que Presley et Monroe se rencontrent pour un événement publicitaire en 1956, mais l’actrice avait refusé. Raphael raconte: «Elvis en a été fort embarrassé, mais je crois qu’elle avait refusé simplement parce qu’elle trouvait le contexte trop public.» Loin d’abandonner, Presley demande deux semaines plus tard à Raphael de «ramasser Marilyn» et de l’emmener à l’hôtel Beverly Wilshire. Raphael ajoute au quotidien New York Post: «Lorsqu’il l’a aperçue, ils se sont soudés instantanément l’un à l’autre et sans dire un mot, ils se sont embrassés. J’étais en état de choc et ne savait plus quoi faire. Puis Marilyn, qui avait 10 ans de plus, lui a dit, "Tu n’es pas mal pour un joueur de guitare."» «Après deux minutes, ils sont allés à la chambre à coucher et sans trop savoir si je devais rester ou partir, je me suis assoupi. Je me suis fait réveiller en sursaut par la porte qui ouvrait et n’ai eu que le temps de me lancer en arrière du bar. Ils sont sortis tous les deux flambant nus.» L’agent explique qu’il avait gardé ce rendez-vous secret parce qu’il savait qu’il s’agissait «du genre de choses qui pouvaient ruiner leurs carrières» et que Monroe était toujours l’épouse d’Arthur Miller.

Poursuivi jour et nuit par ses admirateurs, Elvis finit par se réfugier derrière les murs d'une forteresse. Il s'offre le 19 mars 1957 pour 120 500 USD une grande maison sur le Highway 51 dans Memphis Sud (nom de boulevard changée le 19 janvier 1972 en Elvis-Presley Boulevard). Baptisée Graceland, elle possède vingt-quatre pièces sur un terrain de treize hectares. Immédiatement, Elvis y investit un demi-million USD en travaux pour faire de Graceland son royaume et y installe sa mère, son père, ses oncles et ses tantes, ses cousins et toute un groupe d'amis ou d'anciens camarades d'école qui deviennent jardiniers, chauffeurs ou comptables pour la vedette. À cette époque, il est considéré comme la plus grande vedette du rock and roll.

Le 20 janvier 1958, Presley reçoit un courrier de l'US Army qui lui signifie qu'il doit accomplir son service militaire pendant deux ans. Il est affecté en Allemagne, où il conduit une jeep pour le sergent Ira Jones (qui relatera leur relation dans un livre par après). Son service est suspendu le 5 mars 1960. Depuis, beaucoup se sont questionnés sur la légitimité de cette mobilisation, alors que l'on était en temps de paix et qu'Elvis était le seul appui de ses parents et de sa grand-mère. Certains pensent que le but de cette action était de préserver la jeunesse américaine de l'influence du chanteur.

C'est peu avant son départ pour l'Allemagne, alors qu'il est encore dans le Texas pour y faire ses classes, que sa mère meurt subitement à 46 ans. Elvis, qui adore sa mère, ne va jamais vraiment s'en remettre. Bien plus tard, John Lennon devait dire : « Elvis est mort le jour où il est entré à l'armée », mais on peut également dire ceci : Elvis est mort le jour où sa mère est morte. Le jeune homme ne sera plus jamais le même, et la joie qui l'accompagnait va le quitter.

Les années à l'armée sont des années sombres pour Elvis. Dans un pays étranger, loin de ses amis et de ses admirateurs, Elvis déprime. Bien qu'il soit aussi célèbre que dans son pays, il ne sort pratiquement jamais. C'est au cours d'une soirée chez son capitaine qu'il fait la connaissance d'une toute jeune fille de 14 ans, Priscilla Beaulieu. Il en tombe amoureux et décide même de l'accueillir à Graceland à partir de 1962. Finalement, Elvis l'épouse à Las Vegas en 1967. C'est aussi en Allemagne que son père, venu le rejoindre, rencontre sa deuxième future épouse, Dee Stanley.

Lorsqu'il est démobilisé, le « show business » l'attend et Elvis reprend le cours de sa carrière.

Presley est très religieux et il enregistre de nombreux albums de gospel. Les trois Grammy Awards qu'il reçoit lui sont tous décernés pour des morceaux de gospel.

Dès 1956, Hollywood s'intéresse à lui. Sa première apparition sur écran en tant qu'acteur est surprenante. Au début, il ne devait pas y avoir de chanson, mais les producteurs en rajoutent quatre et The Reno brother's (titre original) est rebaptisé Love Me Tender, titre de son dernier succès. Le film parle de la guerre de Sécession et est mal perçu par les admirateurs d'Elvis qui s'indignent de voir leur idole du rock dans un pâle western.

Néanmoins, le film fait un tabac. Le film suivant, fait sur mesure pour Elvis, est Loving You, titre de son dernier succès. L'idole joue pratiquement son propre rôle, celui d'un petit chanteur qui devient une superstar grâce au travail et à un manager affairiste. Loving You obtient un immense succès et Elvis devient une vedette du cinéma. Son troisième film est l'archétype du film violent. Elvis y joue un employé qui aime chanter. Mais, suite à une bagarre, il tue un gars et est envoyé en prison. Là, il se met à chanter et devient la coqueluche de ses co-détenus. Libéré, il devient une vedette avant de connaître les affres de la célébrité. Le film s'appelle Jailhouse rock, également le titre de son dernier succès. Jailhouse rock manque de profondeur, et montre un personnage superficiel, mais remporte un succès retentissant auprès des jeunes.

Son dernier film sera considéré comme son meilleur. Il s'agit de King Creole. Le scénario était prévu pour James Dean et le personnage passe du boxeur au chanteur. Une fois de plus, Elvis interprète un garçon simple qui s'en sort grâce à la chanson.

À partir de 1960, dès son retour de l'armée, Elvis abandonne sa carrière de chanteur et se retire de la scène pour se consacrer à Hollywood. De ces longues années (neuf ans), seuls quelques films sur 27 méritent d'être cités : Flaming Star (1960), Blue Hawaii (1961), Fun in Acapulco (1962) avec Ursula Andress, Viva Las Vegas (1964) avec Ann-Margret et Charro (1969).

Toutes ces productions n'ont qu'un seul but : distribuer Elvis dans le monde entier sans que la vedette n'ait besoin de se déplacer. Le succès est phénoménal, mais au fil des années, la magie se perd et les films d'Elvis deviennent des caricatures. Ses disques tirés uniquement des bandes sonores des films connaissent également une chute et Elvis ne rencontre plus le succès qu'il avait avant. Le monde a changé et de nouveaux chanteurs et groupes ont fait leur apparition, et pour faire bonne figure, Elvis accepte de rencontrer les Beatles chez lui dans sa villa d'Hollywood.

Plus que jamais isolé dans des maisons pour milliardaires de Beverly Hills, Elvis n'a plus aucun contact avec le monde extérieur. Entouré jour et nuit par les mêmes gens depuis ses débuts, il semble ne plus être en mesure de juger sa carrière. La carrière si époustouflante du « King » sombre dans le désastre et l'image d'Elvis en devient ridicule.

Dès 1966, sa production cinématographique accouche de navets, tous plus insalubres les uns que les autres, au point que même les plus fidèles admirateurs se détournent de leur idole. Chaque nouveau film est alors accueilli dans une indifférence glaciale et les recettes ne sont plus remarquables. Lorsque son contrat cinématographique prend fin en 1969, Elvis, fatigué et critiqué, décide de mettre un terme à sa carrière à Hollywood.

Suite au désastre hollywoodien, Elvis n'est plus considéré comme une valeur sûre. De plus, la musique a considérablement changé, la scène aussi, le public ne se contente plus de ces petits spectacles sans fastes, les Beatles, les Rolling Stones et surtout The Doors ont su apporter du sang neuf au rock. Elvis reste toutefois celui qui a lancé le rock, mais n'est plus qu'une référence. Les professionnels lui conseillent de faire encore quelques films, puis de se retirer. Pourtant, Elvis est encore jeune, plus beau que jamais et il faudrait peu de chose pour le remettre en selle.

Son manager signe alors un contrat qui fait date. Elvis réapparaît à la télévision après sept ans d'absence. Sa dernière apparition date de son retour de l'armée et n'avait durée que six minutes aux côtés d'un Frank Sinatra ravi d'avoir Elvis dans son émission. Cette fois, il est seul devant la caméra, dans une sorte de « one-man show » où il interprète ses anciens succès, mais également des nouveaux. L'émission, appelée Elvis, '68 NBC Special, est annoncée à grands frais. Exit l'acteur des comédies musicales à l'eau de rose, Elvis revient en pleine possession de ses moyens face à ses anciens musiciens, habillé tout de cuir, le sourire en coin et le bassin intact. Il enflamme littérallement la télévision. Jamais une émission de variétés ne connaîtra un succès comparable.

L'Amérique retrouve celui qu'elle n'aurait jamais dû perdre, l'Elvis sauvage, beau, ravageur et rocker. Ce retour a un tel retentissement, que son manager n'a aucun mal à remettre Elvis sur une scène.

Les années 1970 sont celles du triomphe. Mais aussi celles de la chute, du désespoir, de la déchéance et de la mort. Le monde s'efface devant cette superstar devenue charismatique. Elvis devient l'icône de l'Amérique profonde, la vedette qui n'hésite pas à faire entrer à Las Vegas, au milieu des machines à sous, le rock, le vrai, en y mélangeant des gospels, des trompettes et des tambours : du jamais vu.

L'Amérique se retrouve en lui et Elvis retrouve son pays, chacun va se confondre. Las Vegas devient une deuxième maison pour le « King », où il y donne quelques 600 spectacles tout en délaissant les séances d'enregistrements. Il parcourt aussi le pays dans tous les sens, à bord d'un gigantesque avion personnel où, dans chaque ville, il est fêté comme un surhomme. De 1969 à sa mort, il aura donné 1 500 concerts à travers les États-Unis. D'ailleurs, il est devenu un surhomme, Elvis n'est plus que l'image de l'Amérique, la vitrine d'un pays riche, et devant des foules immenses qui crient son prénom, il arrive sur scène vêtu d'une cape garnie de rubis et de diamants, au son d'un impressionnant Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss.

Personne avant lui ne l'a fait. Après lui, personne n'osera. Son succès sur scène est immense, même si ses apparitions ne sont plus qu'un rituel au cours desquels la star se laisse fêter, même si désormais il interprète ses chansons avec détachement et sans plus beaucoup de peine. Parfois, il redevient grand, ose bousculer son personnage que l'Amérique lui a fabriqué et qu'il semble accepter, et se met à chanter d'une façon bouleversante ses chansons qui sont devenues des hymnes et que les foules écoutent religieusement. Sa dernière grande apparition a lieu en 1973 lors de son méga concert à Hawaii, le Aloha from Hawaii, retransmis en direct par satellite dans le monde entier.

Il ne sera plus jamais aussi grand, il ne s'en donnera plus la peine. Il est devenu un personnage trop compliqué et trop éloigné du réel pour cela . S'il ne se déplace jamais en dehors des États-Unis, Elvis chante à Las Vegas devant un public international, car depuis de nombreuses années. c'est le monde entier qui vient à lui et non le contraire. On vient voir une icône, une image, presque un saint. Voilà ce qu'est devenu Elvis. Même si les dernières années sont extrêmement pénibles, Elvis s'offre aux foules tel qu'il est devenu, il ne cache rien. Au contraire, il montre son visage bouffi, ses mains gonflées et son corps meurtri, il ne cache ni ses nombreux trous de mémoire ni ses illuminations ; il montre ce qu'est devenu son pays. L'Amérique est fière de son garçon.

Psychologiquement et mentalement miné, Elvis a du mal à vivre. Entouré jour et nuit par une cohorte de gens prêts à assouvir ses moindres désirs, il ne sait plus où est le bien et où est le mal, il ne sait plus ce qu'est la vie. D'ailleurs, il a déjà dépassé la vie, vivant la nuit, mangeant la nuit caché derrière les hauts murs de Graceland, Elvis finit par confondre rêve et réalité.

Le 26 juin 1977, il donne un concert à l'auditorium de Indianapolis, devant 75 000 personnes. La foule tremble d'émotion quand le « King » arrive devant elle sur l'immense scène. Son physique, qui n'a cessé de se dégrader depuis des mois, est terrible. Son visage est enflé au point que l'on aperçoit à peine ses yeux, son corps lourd, trop lourd souffre. Puis il a des trous de mémoire qu'il cache avec de l'humour. Mais si tout cela est pathétique, terrible, sa voix ne l'a pas quitté, plus puissante que jamais, elle a l'air de sortir d'une tombe. Le public lui, est toujours là, peut-être plus fidèle encore. C'est du délire encore et toujours.

C'est le « King », c'est Elvis Presley à 42 ans, six semaines avant sa mort.

À la veille d'une nouvelle tournée de 14 concerts à guichets fermés, le 16 août 1977, alors que Graceland se réveille et que les domestiques vaquent à leurs tâches, le « King », seul dans sa salle de bains plongée dans le noir, lutte contre une crise cardiaque. Il souffre un temps avant de s'abandonner. Sa mort prématurée fera l'effet d'une bombe d'abord aux États-Unis, puis dans le monde entier. On parlera d'overdose, d'assassinat, de mort déguisée et même de fausse mort après l'avoir honoré lors d'obsèques dignes d'un chef d'État, après avoir montré son corps étonnement rajeuni aux foules, et enfin après avoir promené sa dépouille royale dans un corbillard argenté flanqué de six motards de la garde républicaine le long de son boulevard, le Elvis-Presley Boulevard de Memphis.

Le « King » repose à Graceland au milieu des siens, de sa mère Gladys morte en 1958, de son père Vernon mort en 1979 et de sa grand-mère Minnie-Ma décédée la dernière en 1980, et est visité par plus de 600 000 personnes chaque année.

Elvis Presley est largement considéré comme la personnification du rock and roll : sa voix, sa musique, sa gestuelle provocatrice, ses habitudes vestimentaires excentriques, ainsi que son parcours (célébrité fulgurante, descente aux enfers et mort prématurée) contribuent à forger l'icône d'Elvis à la fois idole populaire et symbole d'une certaine rébellion adolescente. Elvis peut être considéré comme le principal acteur de la popularisation du rock and roll auprès du grand public blanc américain puis européen. En effet, si le jazz avait déjà associé étroitement musique et sexualité, et si plusieurs interprètes blancs avaient précédé Elvis dans son rôle de pionnier du rock (par exemple, Bill Haley), Presley est le premier blanc à associer le sex appeal (un physique avantageux, des inflexions de voix et des mouvements du bassin très suggestifs) à la nouvelle forme de musique. Bien que considéré comme choquant par la frange conservatrice américaine, il contribue à rendre acceptable le genre musical et ouvre ainsi la voix de la reconnaissance à de nombreux artistes noirs, tels Chuck Berry et Little Richard, ainsi qu'aux rockers blancs, tels Buddy Holly et Jerry Lee Lewis.

Sa popularité, en particulier auprès des adolescentes, atteint des sommets inédits et ses concerts et ses apparitions en public donnent lieu à des mouvements de foule. Le succès d'Elvis auprès des jeunes, dont le pouvoir d'achat est grandissant, dicte la mode non seulement musicale, mais également capillaire ou vestimentaire. C'est un véritable phénomène de société.

C'est principalement grâce à Elvis Presley que l'Europe découvre le rock, même derrière le rideau de fer. En France, Dick Rivers copie Presley, mais c'est surtout Johnny Hallyday qui popularise cette musique venue d'outre-Atlantique, devenant la vedette qu'il est encore aujourd'hui. Presley ouvre la voie à de nombreux rockers américains qui vendent leurs disques en Europe et y font des tournées. Les adolescents du monde entier commencent à copier la coiffure d'Elvis et la demande pour les transistors augmente énormément, permettant ainsi à Sony de passer du statut de petit fabricant japonais de radio à celui de multinationale.

Aujourd'hui, plus de 25 ans après la mort du rocker, il demeure une icône du XXe siècle. D'innombrables artistes de la seconde moitié du siècle se définissent par rapport à son influence, soit en revendiquant son héritage, soit pour le rejeter comme symbole d'une musique dépassée (en particulier à partir du mouvement punk). L'artiste Elvis Costello a, par exemple, emprunté le prénom Elvis pour faire décoller sa carrière.

Elvis connaît un regain de popularité lors de la coupe du monde de football de 2002 lorsque Nike utilise un remix de sa chanson A Little Less Conversation comme fond sonore d'une publicité mettant en scène des vedettes internationales de football. Ce morceau devient numéro 1 dans plus de 20 pays, y compris aux États-Unis. À peu près au même moment, une compilation des plus grands tubes d'Elvis doit sortir : Elv1s 30 #1 Hits. Le remix est ajouté à l'album comme 31e morceau, juste avant la sortie du CD en octobre 2002. 25 ans après sa mort, l'album qui regroupe ses tubes atteint la première place des classements.

Parmi ses nombreuses réussites, Elvis est l'un des deux chanteurs, avec Roy Orbison, à avoir eu simultanément deux albums dans le top 5 des classements de ventes d'albums. Il fait partie du Rock and Roll Hall of Fame, du Country Music Hall of Fame et du Gospel Music Hall of Fame.

Sources : Wikipedia et Actualité de Stars